thème : Solidarité
Réagir (0)EnvoyeriCalPartager

jeudi 14 février 2019 à 20h

Ciné'éthique : Jean Oury : "le sous-bois des insensés" avec la réalisatrice: Martine Deyrès

Depuis son bureau de la clinique de La Borde, Jean Oury raconte une vie à accueillir la folie. Témoignage précieux de l'un des acteurs majeurs de la psychiatrie du 20e siècle, ce film nous invite à partager la qualité d'une rencontre dont les enjeux excèdent de toute part le champ clinique. En nous entraînant au plus proche d'une connaissance subtile de la psychose, il renvoie chacun à une essentielle reconquête de l'humanité.

« Mille malades dans la nature ! Après guerre, il n'y avait plus rien. Alors je suis resté. Et un jour j'ai pris tous les malades que j'avais et on est partis sur la route. Et j'ai trouvé le château, ici, au mois d'avril 1953. Ça va faire soixante ans que je suis là… Voilà, une vieille histoire. Alors moi qui n'aimais pas la campagne, j'étais servi ».
Il est vrai que pendant la guerre, et même après, la priorité n'était pas de « reconstruire » les « fous », qui avaient été jetés sur les routes, quand ils n'étaient pas morts de faim… Jean Oury raconte comment depuis qu'il a investi le Château de La Borde, à Cour-Cheverny il a participé à une vision et une mise en expérience plus humaine de la prise en compte de ces « fous ».
Faut dire qu'au départ tout était à inventer, rien n'était gagné, une seule voiture pour assurer le transport, le village le plus proche est à 4 km, le personnel soignant manque de moyen…
Ce sont pourtant à partir de ces difficultés que Oury et son équipe développeront les principes de la psychothérapie institutionnelle : soignants et patients se réunissent en commission pour prendre en charge l'ensemble des questions matérielles du lieu de soin.
Par la richesse simple de ses mots, la douceur de sa voix, par la délicatesse de sa présence, il transmet avec évidence la complexité d'une pensée toujours élaborée au plus proche d'une pratique clinique quotidienne, accessible à chacun car jamais figée dans un savoir théorique. Colères, humour et impertinence alternent tout au long de ces entretiens passionnants, tournés peu avant sa mort, le 15 mai 2014. Témoignage précieux d'un des acteurs majeurs de la psychiatrie du xxe siècle, ce film nous invite à partager la qualité d'une rencontre dont les enjeux excèdent de toute part le champ clinique et nous rappelle à une essentielle reconquête d'humanité.
(D'après Arnaud Lambert, Tenk)

Source : message reçu le 7 février 14h

Réagir

Informations complémentaires et commentaires ajoutés par les lecteurs du site

Réagir

Soyez le premier à réagir